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Dernier contre-fort de l’Atlas saharien en Tunisie, situé à 85 km à l’est de Gafsa, le Djebel Bou-Hedma culmineà 840 mètres.

Le parc national du Bou-Hedma a été créé pour protéger et réinstaller l’écosystème d’origine avec son tapis végétal naturel et reconstituer la richesse de sa faune sauvage par la réintroduction des espèces qui y vivaient autrefois.

Issu d’un plissement anticlinal formé il y 180 à 200 millions d’années, le Djebel Bou Hedma doit son nom à la couleur de sa roche (de « Hedma » qui signifie rouge). Tandis qu’en hiver, la température peut descendre en dessous de 0°, le thermomètre dépasse fréquemment 45° à l’ombre en été sur le piémont fréquement balayé par les vents chauds et les tempêtes de sable. C’est dans ces conditions extrèmes que se développe l’Acacia raddiana, un arbre endémique aux zones pré-sahariennes.

Une flore très adaptée

Outre l’acacia pré-cité, d’autres  arbustes empêchent l’érosion des sols tels que le génévrier de Phénicie, le câprier ou le calycotome soyeux, un arbuste épineux qui offre des refuges à la faune. Quand il pleut en hiver, le Bou Hedma se couvre de fleurs multicolores : liliacées, hélianthèmes, armoises et même des truffes blanches (« Terfez ») très prisées par les habitants du Sud. L’Acacia raddiana est d’une grande utilité pour la régénération des régions arides. Descendant à plus de 60 m de profondeur, ses racines lui permettent de résister à plusieurs années de sécheresse. Ses branches raides et épineuses se dressent contre les vents dominants du Sud et arrêtent les poussières et le sable. Quand les feuilles tombent sous l’action du sirocco, elles sont mélangées au sable par les fourmis et les petits rongeurs et ainsi une couche d’humus se forme sous l’arbre et permet aux herbes de pousser.

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Une faune diversifiée

Admirablement bien gérée, la faune est recensée systématiquement par des équipes de gardes qui se répartissent sur tout le territoire.  

Outre l’Addax et l’Oryx, une grande réussite dans la réintroduction des grands mammifères est la Gazelle dama mhorr hélas exterminée dans le Sahara marocain qu’elle occupait à l’origine. Dans les zones montagneuses, autour de la source d’Aïn Cherchera, un mirador a été aménagé pour observer les Mouflons à manchettes qui, actuellement, sont représentés par 115 individus. Parmi les autres mammifères peu communs, cohabitent le Caracal, la Hyène rayée, le Chat sauvage de Lybie, la Belette de Lybie, le Zorille, le Porc-épic, la Mangouste Ichneumon. On a dénombré 14 espèces de rongeurs dont le Goundi, le Rat à trompe (ou Macroscélide), la Gerboise et le Mérione.

L’avifaune du Bou-Hedma est très riche, surtout au printemps. Elle représente un tiers de la population totale de la Tunisie avec 123 espèces différentes recensées.

À demi-domestiqué pendant l’Antiquité dans l’ancienne Égypte, l’oryx algazelle (ou oryx dammah) fut presque exterminé, au début du xxe siècle.

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À partir de quelques survivants qui subsistaient dans le sud du Sahara entre Aïr et l’Ennedi,il a été réintroduit dans le parc de Bou Hedma en 1986, à partir de 5 couples.

Cet animal s’est tellement bien adapté qu’on en compte actuellement 132 individus.

Bien adaptées au climat saharien, les gazelles dorcas fréquentent les piémonts des montagnes arides et le bord des chotts. 145 individus ont été dénombrés dans le parc.

GAZELLES_DORCAS_Gazella_dorcas

Exterminé dans le sud de la Tunisie vers 1930, l’Addax, antilope des régions désertiques, a été réintroduit en 1985.

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Surtout visibles en été, le matin et le soir, les reptiles sont représentés par 27 espèces dont la Tortue grecque, le Cobra, l’Agame, la Tarente, le Caméléon commun, le Scinque des sables, le Varan gris, l’Uromastix, la Vipère des Pyramides (très rare en Tunisie), la Vipère à corne et la Vipère lébétine.

Près des sources, on trouve même des amphibiens tels que le Crapaud vert, le Crapaud de Mauritanie ou la Grenouille rieuse.

La gestion du parc

Près du Bordj Bou-Hedma, au milieu d’une forêt de vieux eucalyptus, se trouve un écomusée bien aménagé et très documenté qui fait fonction de centre d’accueil, d’informations et de recherches.

Afin de favoriser la réinsertion de certaines plantes autochtones, une pépinière a été créée ainsi qu’une collection de cactus.

Chaque année, le parc reçoit environ 10 000 visiteurs auxquels sont proposés des circuits pédestres de montagne et différents postes d’observation dont un mirador de 16 m de hauteur qui offre une vue panoramique sur toute la forêt d’acacias.

Parmi les nouveaux projets de réintroduction, on peut citer la Gazelle de Cuvier, le Bubale et l’Autruche à cou rouge. Comme on peut le constater sur les mosaïques de l’époque romaine, ces animaux étaient déjà présents (voir mosaïques de Thuburbo majus).

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Pour les prochaines années, il est prévu l’aménagement d’un pavillon équipé de 15 chambres et leurs sanitaires, adossé au Borj qui abrite déjà l’écomusée et le bureau d’accueil du parc.

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Pour visiter le Parc national de Bou Hedma :

Faire une demande à la Direction Générale des Forêts - 30 rue Alain Savary - Tunis

Tél.   216 (71) 89 14 97

Fax.  216 (71) 79 41 07

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